Dans les dernières décennies, la recherche musicale a été généralement associée aux compositeurs et privilégiait une conception scientifique et technologique qui faisait de l'ordinateur son outil emblématique. Ainsi, une vision bipartite s'est souvent développée qui distinguait musique et recherche, au mieux pour essayer de les rassembler, ou parfois pour valoriser l'une contre l'autre. Les savoirs ne circulaient en général que dans un seul sens : des modèles scientifiques vers le domaine artistique, utilisé comme un champ d'expérimentation où valider ou invalider des théories conçues ailleurs.
Il est cependant possible de voir dans la recherche autre chose qu'une activité scientifique. Surtout dans le cadre artistique où les musiciens se livrent à toutes sortes de recherches sans jamais passer par un laboratoire ou rédiger un article pour une revue scientifique. Il semble par ailleurs essentiel de ne pas tenir les interprètes à l'écart de la partie imaginative de la recherche, interprètes à qui l'on ne demande trop souvent que de jouer le rôle de cobayes.
Il ne s'agit donc pas de privilégier une acception de la recherche contre une autre mais de permettre à chacune de se développer en veillant à encadrer correctement les travaux. Une des spécificités qui distingue les Hautes Écoles de musique des autres établissements d'enseignement supérieur est en effet la forte imbrication en leur sein de la pratique et de ce qu'il est convenu d'appeler la théorie. Le but de la recherche dans un conservatoire n'est pas de dissocier ces deux éléments mais au contraire de penser les deux entités comme une paire indissociable.
Pour définir de façon alternative à ce qui se fait dans les universités la recherche qui peut être menée dans les Hautes Écoles de Musique, il faut donc prendre la pratique artistique au sérieux en la tenant pour une activité profondément réflexive, c'est-à-dire capable de se prendre elle-même pour objet.
On définira la recherche comme une augmentation de l'état de la connaissance pour toute la HEM et pas seulement pour le professeur lui-même. Elle se construit autour de l'idée que tout geste artistique peut se discuter.
Une des principales difficultés de l'enseignement de la musique est la verbalisation des savoirs transmis. La recherche dans le cadre d'une HEM peut justement faciliter ce travail de formalisation des pratiques artistiques. L'appui d'experts issus du monde universitaire est alors envisageable surtout si elle se construit sur un rapport de complémentarité.
On propose de soutenir deux types de projets :
des projets individuels menés par un professeur ou un étudiant.
des projets fédérés par une thématique commune.
Pour cette dernière, le principe consiste à mettre en valeur les pôles de compétence du CMG :
Pour accompagner dans leur recherche des enseignants et des étudiants pas toujours habitués à expliciter leur travail hors des salles de cours, on propose de mettre en place :
Une procédure de de validation des projets a été mise en place (modalités d'évalutaion des projets dans le cadre de la HES-SO). Les demandes de subsides peuvent être téléchargées ici.
Durée de réalisation de projets : 1 à 2 ans.
Les éditions de travaux de recherche ont déjà une histoire longue à Genève. Il y a vingt-cinq ans, les accords passés entre le CMG et l'Université de Genève ont entre autres débouché sur la création d'une structure éditoriale : les Éditions Université-Conservatoire de Musique de Genève ont publié plusieurs volumes (partitions ou monographies consacrées à la musique à Genève). Depuis 2009, les Editions Droz diffusent les publications de la HEM.
Mais il ne s'agit pas de limiter la diffusion des travaux de recherche, surtout lorsqu'ils sont fortement ancrés dans la pratique, à un seul format. D'autres modes de diffusion sont utilisés :